Infirmier : Soins Intensifs et Aide Médicale Urgente (+ 1 an)

Présentation

La spécialisation en Soins Intensifs et Aide Médicale Urgente (SIAMU) est accessible aux détenteurs d'un diplôme de Bachelier en Soins Infirmiers. Elle donne accès au titre professionnel particulier d'infirmier spécialisé en soins intensifs et d'urgence délivré par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Son objectif est de former des professionnels capables d'offrir des soins de santé de qualité à des personnes requérant une intervention urgente et/ou intensive, tant en milieu hospitalier qu'extrahospitalier.  Il s'agit de soins principalement curatifs  aigus mais également préventifs et palliatifs,  dans leurs dimensions technique, relationnelle, éducative et organisationnelle.

Une formation scientifique solide, notamment basée sur l'analyse de situations et  l'apprentissage par problèmes, associée à des ateliers de simulation et à une mise en application en stage, vise à permettre à l'étudiant d'acquérir les compétences professionnelles requises afin d'exercer l'art infirmier dans les domaines des soins intensifs et des urgences.

Son objectif est de former des professionnels capables d'offrir des soins de santé de qualité à des personnes requérant une intervention urgente et/ou intensive, tant en milieu hospitalier que
pré hospitalier.  Il s'agit de soins principalement curatifs  aigus mais également préventifs et palliatifs,  dans leurs dimensions technique, relationnelle, éducative et organisationnelle.

Compétences

Durant la formation de bachelier en soins infirmiers spécialisé en soins intensifs et aide médicale urgente,  l'étudiant apprend à :

  1. S'impliquer dans sa formation et dans la construction de son identité professionnelle : en adoptant un comportement responsable et citoyen ; en développant ses aptitudes d'analyse, de curiosité intellectuelle et de raisonnement scientifique ; en analysant sa pratique professionnelle et ses apprentissages ; en développant son projet professionnel ; en actualisant ses connaissances et ses acquis professionnels ; en gérant ses émotions et ses attitudes.
  2. Prendre en compte les dimensions déontologiques, éthiques, légales et réglementaires : en respectant le cadre légal spécifique au domaine d'activité ; en appliquant le code de déontologie ; en inscrivant son action dans le cadre institutionnel ; en s'engageant dans une réflexion éthique.
  3. Gérer les ressources humaines, matérielles et administratives (ou participer à leur  gestion) : en collaborant avec les différents intervenants de l'équipe pluridisciplinaire ; en accompagnant les pairs dans leur formation ; en participant à la démarche qualité ; en participant à la gestion organisationnelle, administrative et technique de l'unité ; en proposant des pistes de réflexion et de changement basées sur les résultats de la recherche.
  4. Exercer son jugement clinique : en recherchant les informations ; en identifiant les situations de santé, les diagnostics infirmiers et les problèmes traités en collaboration ; en fixant les résultats attendus en tenant compte des priorités ; en prescrivant les interventions de soins ; en évaluant  la démarche et les résultats des interventions ; en ajustant la démarche clinique.
  5. Assurer une communication professionnelle : en  établissant une relation avec le patient, son entourage et l'équipe pluridisciplinaire ; en développant des modes de communication adaptés au contexte rencontré ; en procurant des informations et des conseils au patient et à son entourage ; en communiquant avec l'équipe pluridisciplinaire ; en transmettant oralement et/ou par écrit les données pertinentes.
  6. Mettre en œuvre le projet de soins : en accomplissant des prestations de soins, particulièrement auprès de patients en situation aiguë et/ou critique ; en initiant les soins liés à la préservation des fonctions vitales ; en mettant en œuvre les prestations techniques spécifiques aux porteurs du titre professionnel particulier ; en adaptant le soin à la situation et aux différents contextes, culturel, social et institutionnel.

Débouchés

Au terme de ses études, l'infirmier(e) spécialisé(e) en Soins Intensifs et Aide Médicale Urgente pourra intervenir dans les milieux suivants :

  • Services d'urgence hospitaliers ;
  • Services d'aide médicale urgente : SMUR (service mobile d'urgence et de réanimation), PIT (Paramedical  Intervention Team)
  • Unités de soins intensifs polyvalents et spécialisés (chirurgie cardiaque, centre de grands brûlés ...).

Un autre regard

Depuis le début de mes études de bachelier en soins infirmiers à la Haute Ecole Robert Schuman de Libramont, j'ai cette envie de voyager et de rencontrer des personnes de culture différente.

Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai entrepris une spécialisation en soins intensifs et aide médicale urgente (SIAMU) et j'ai décidé d'effectuer mon stage au choix à l'étranger, au CHU de Mamoudzou, sur l'île de Mayotte située dans l'Océan Indien. Une expérience unique, dans un hôpital récemment rénové, d'une capacité de 325 lits, avec un réseau de soins doté des dernières technologies. L'hôpital central de Mamoudzou travaille en collaboration avec les dispensaires et les autres hôpitaux de Mayotte. C'est l'unique institution de soins de l'île équipée de salles d'opération, d'un service d'urgences et d'un service de soins intensifs. Seuls les patients atteints de pathologies graves relevant des urgences cardiaques et de neurochirurgie sont évacués vers l'île de la Réunion ou vers la France. Ces évacuations sanitaires ne sont pas rares et des équipes d'infirmiers et de médecins (EvaSan) sont disponibles en permanence.

En mars 2011, Mayotte est devenue le 5ème département d'outre-mer français. Elle est composée de deux îles principales, Basse Terre et Grande Terre, situées dans le canal du Mozambique, entre l'Afrique et Madagascar. La population est d'environ 215.000 habitants, mais leur nombre réel est très difficile à évaluer car Mayotte se situe à moins de 70 km d'Anjouan et proche des autres îles voisines de l'archipel des Comores. Cette proximité géographique facilite les flux d'immigrations et de nombreux passagers clandestins tentent régulièrement de rejoindre cette terre d'accueil via des embarcations de fortune, à la recherche d'une vie meilleure. Les équipes du SMUR de Mayotte sont donc parfois amenées à aller secourir en pleine mer. Les déplacements se font alors en bateau ou en hélicoptère pour arriver à prodiguer rapidement les premiers soins en cas de naufrage de barques bondées.

Mayotte bénéficie d'un climat chaud et humide, même en saison sèche. Le taux d'humidité y est si élevé que le moindre effort se traduit par une transpiration excessive.

Dès mon arrivée sur l'île, j'ai été plongé dans la réalité du monde africain avec ses couleurs, ses vêtements, et sa cohue générale. Les étalages des marchés dégagent des senteurs de fruits, de fleurs et d'épices. Appelée « île aux parfums », je baptiserais Mayotte « île aux enfants » car ils sont nombreux et omniprésents dans les rues comme à l'hôpital. Ceci lui vaut d'ailleurs le surnom de « première maternité de France » avec plus de 8.000 naissances/an. La plupart des grossesses ne sont pas suivies et beaucoup d'accouchements se déroulent encore à domicile.

Les pathologies sont, pour la plupart, similaires à celles rencontrées dans notre pays : détresses respiratoires, crises d'asthme, bronchiolites, gastroentérites, syndromes coronariens aigus...
Les traumatismes liés aux accidents de la voie publique (fractures, brûlures, hémorragies ...) sont monnaie courante, d'autant que les véhicules à moteur sont nombreux et les routes praticables rares.
Les urgences obstétricales (hémorragies de la délivrance, crises d'éclampsie, ...) sont fréquentes en extrahospitalier.  La drépanocytose l'est également et les patients qui en sont atteints sont régulièrement admis aux urgences en vue de soulager de fortes douleurs causées par des crises vaso-occlusives. D'autre part, des personnes souffrant de maladies chroniques se présentent régulièrement dans ce service car elles ne suivent pas leur traitement ou parce qu'elles n'ont pas assez d'argent pour acheter les médicaments prescrits à vie.

Ce centre hospitalier dispose d'un caisson hyperbare que j'ai eu l'occasion de le voir fonctionner lors d'un accident de décompression de plongée ainsi que dans le cadre du traitement de plaies chroniques et de douleurs osseuses.

L'hôpital comprend une unité hospitalière de courte durée (UHCD) avec 10 lits adultes, 8 lits pédiatriques et 2 chambres d'isolement réservée aux patients psychiatriques. Cette unité, équivalant à l'hospitalisation provisoire chez nous, doit, en principe, accueillir les patients pour une durée de moins de 24h avant leur orientation vers un service adapté à leur problème. Ceux-ci y restent cependant parfois plusieurs jours, par manque de place dans les unités de soins, ou en attendant un rapatriement sanitaire vers un autre hôpital.

Les médecins généralistes sont peu nombreux et les quelques dispensaires sont pris d'assaut dès 7h du matin avec des files d'attente de plusieurs heures.   Au service des urgences du CHU de Mamoudzou, le travail ne manque pas non plus; il n'est pas rare d'accueillir 150 à 200 personnes par 24h.
J'ai été agréablement surpris par le calme de ces patients qui ne s'énervent quasi jamais, même s'ils doivent attendre plusieurs heures allongés dans les couloirs de la salle d'attente.

Ce stage aura été pour moi très enrichissant de par la multitude et la complexité des pathologies rencontrées. Je devais parfois travailler avec les moyens du bord, et cela m'a permis de réfléchir davantage lors de la dispensation de soins, en vue de les adapter à la situation, car il était impossible d'appliquer systématiquement certains protocoles.

J'ai réellement été touché par la population de ce pays multiculturel et cette expérience de travail à l'étranger m'a permis de mieux me rendre compte que les soins infirmiers sont universels, mais que cet art doit être personnalisé et adapté à la situation ainsi qu'aux attentes et à la culture de chaque patient.

Benoît DEREMINCE

Etudiant SIAMU HERS LIBRAMONT

Un cross-over inattendu

Un cross-over inattendu entre les catégories paramédicale et technique a donné lieu à une belle rencontre pédagogique métissée entre nos étudiants du technique et ceux du paramédical.

Les étudiants de la catégorie technique d'Arlon se sont rendus à Libramont, pour des ateliers « Premiers secours ». C'est au cours de « Sécurité » dispensé par Christine Serré, maître-assistante et Conseillère en Prévention Niveau 1, que les étudiants ont suggéré d'introduire dans leur parcours de formation le secourisme.

En effet, l'arrêté royal du 15 décembre 2010 relatif aux premiers secours dispensés aux travailleurs victimes d'un accident ou d'un malaise oblige tout employeur à posséder en son sein des secouristes formés. Nos étudiants, soucieux d'une plus grande efficacité sur le terrain professionnel, ont alors émis le souhait de travailler des situations de premiers secours qu'ils pourraient rencontrer dans leur vie professionnelle. Ils ont été entendus par leur professeur qui a sollicité Marie-Paule Cornette, coordinatrice SIAMU (Soins Intensifs et Aide Médicale Urgente).

La mise en place des ateliers de premiers secours a donc été assurée par une dizaine d'étudiants de la spécialisation SIAMU, très enthousiastes à l'idée de transmettre leurs savoirs, et ce, sous la supervision de Marie-Paule Cornette. Ces étudiants connaissent en effet l'importance, pour la survie de la victime,  d'une intervention rapide et efficace avant l'arrivée des secours spécialisés.  De plus, gérer les ressources humaines, entre autres par l'accompagnement de pairs dans leur formation, fait partie des compétences visées par la spécialisation..

Lors de deux ateliers de 90 minutes, nos étudiants du technique ont eu l'occasion d'être formés et coachés par nos étudiants du paramédical à la réanimation cardio-pulmonaire, à l'utilisation d'un défibrillateur externe automatisé, à la prise en charge de brûlures et d'hémorragies.

Chacun des  étudiants du technique a donc pu participer aux deux ateliers, en apportant des premiers soins dans des situations bien précises et en recevant ensuite un feed-back et une guidance des étudiants SIAMU. Il s'agissait là de proposer une introduction aux premiers secours et de préparer les étudiants à des situations qu'ils pourraient rencontrer bientôt dans la vie professionnelle, voire privée.

Une expérience à réitérer

Le succès de ce cross-over est significatif de l'intérêt de nos étudiants pour leur formation qualifiante, mais aussi pour leur insertion dans un monde professionnel où le bien-être et la qualification priment. Ils le savent, la formation aux gestes de premiers secours est primordiale au sein de l'entreprise et savoir comment réagir rapidement afin de maximiser les chances de survie de la victime n'est plus un enjeu personnel et professionnel, mais humaniste.

Amanda Castiaux et Michaël Vassen

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