La Haute École Pédagogique Actualités STAGE AU MAROC DES 3ÈME ANNÉE AESI FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE UNE EXPÉRIENCE AUX MULTIPLES FACETTES

STAGE AU MAROC DES 3ÈME ANNÉE AESI FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE UNE EXPÉRIENCE AUX MULTIPLES FACETTES

Naissance du projet : une collaboration à divers niveaux

Il y a plus d’un an, l’Université Hassan 1er à Settat a offert la possibilité aux étudiants de deux Hautes Ecoles belges (HERS et HENALLUX) d’effectuer un stage formatif de 15 jours au Maroc. Très motivés par cette nouvelle opportunité, les onze étudiants de BAC3 AESI Français-Français langue étrangère de la HERS n’ont pas hésité à se lancer dans cette aventure. L’objectif de ce stage devait permettre aux étudiants belges d’enseigner la langue française à des étudiants marocains inscrits en 1re année Bachelier en sciences juridiques, économiques et sociales.

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Après ce stage qui s’est déroulé du 4 au 18 octobre dernier, il a fallu à chaque étudiant belge retrouver son rythme, voire son mode de vie, pour prendre du recul et faire part de son expérience avec une certaine nostalgie et le regard chargé d’étoiles.

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En route !

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L’au revoir avec les assistants marocains à Casablanca

 

Merci à ces étudiants et à Madame De Greef de nous faire vivre leur stage par le biais de leurs témoignages qui confirment la richesse de cette expérience.

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Des complications très rapidement maitrisées !

Prenons tout d’abord la mesure de ce qui attendait les étudiants en ressortant trois complications qu’ont brillamment surmontées ces derniers …

Tout d’abord, il s’agissait pour les étudiants belges de permettre aux jeunes Marocains nouvellement inscrits à l’université d’augmenter leur niveau de maitrise du français académique. En effet, le français n’est pas leur langue maternelle et les niveaux de maitrise sont nombreux à l’entrée à l’université. Les groupes très hétérogènes rencontrés furent le premier obstacle à surmonter.

Ensuite, ces étudiants devaient prester un nombre conséquent d’heures de cours, dans de nouvelles conditions de vie et qui laisse peu de place à l’erreur. Ce rythme soutenu a permis un travail continu et intensif, obligeant les étudiants à rebondir sur-le-champ sur les expériences vécues.

Enfin, la méthodologie utilisée dans ce pays diffère de la façon d’enseigner dans nos pays. En effet, la manière frontale, sans interaction avec l’enseignant, y est monnaie courante, d’où la difficulté de faire interagir des étudiants trop habitués à ne pas communiquer ni à s’exprimer dans une langue moins bien maitrisée.

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3 étudiantes de Virton et 2 étudiants-assistants marocains

De nettes progressions ou des compétences supplémentaires dans leur escarcelle !

-        L’adaptation et l’art de relativiser

Comme bagage supplémentaire, les étudiants mettent clairement en exergue l’amélioration de leur capacité d’adaptation. En effet, les modes d’organisation différents de nos habitudes occidentales et un suivi pédagogique prônant délibérément la totale autonomie de l’étudiant ont vraiment permis d’adopter une méthode de travail tout autre mais riche de réflexions.

« Chaque problème a sa solution si l’on fait preuve d’une bonne adaptation et d’une certaine relativisation, ce que je pense avoir particulièrement développé lors de ce stage. »

« Par le fait d’avoir dû m’adapter à différentes situations, ce stage m’a fait beaucoup de bien car j’ai appris à relativiser »

 « … En tant que future enseignante, il faut pouvoir s’adapter, improviser et toujours avoir un second plan … »

C’est également avec une vision plus aboutie de leur métier que certains vont aborder leurs futures classes.

« Je tire de cette expérience une vision plus centrée sur la pratique elle-même, ainsi que sur les élèves, plutôt que sur les problèmes que nous pouvons rencontrer d’un point de vue organisationnel ou autre. »

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Photo de groupe des étudiants belges

-        Le renforcement de la flexibilité dans le travail d'équipe

Bien souvent, les étudiants ont eu la liberté de travailler en binômes. Des moments où chacun devait trouver sa place face au groupe et dans le respect de l’autre. En outre, le travail en duo a permis à beaucoup de se rendre compte de la richesse et de la difficulté inhérente à cette proximité.

« De ce partenariat, je retire une grande satisfaction et une nouvelle flexibilité lorsqu’il s’agit d’aborder un thème en binôme. »

« Un avantage de cette collaboration est la ressource que l’un peut apporter à l’autre. »

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Une des classes de 2 étudiants, le dernier jour

-        L’expérience sur le plan personnel et l’ouverture aux valeurs citoyennes

C’est à l’unanimité que les étudiants avouent être revenus différents de leur stage et riches de toutes ces différences. Souvent, le dépassement personnel et la confirmation du bienfondé de leur choix de vie font écho à ce stage.

« Ce stage m’a permis de me relever d’anciennes blessures, de me rendre compte que j’adore enseigner et surtout aux étrangers. »

« Cette expérience aux mille et une saveurs orientales m’aura permis de découvrir que rien n’est jamais facile, que cela peut sembler difficile (et l’être!), mais avec de la volonté et de la persévérance, on peut vivre une expérience formidable. »

Des activités ont permis d’échanger sur les cultures en présence. C’est sous la forme de jeux, tels que blind test, que les étudiants ont voulu faire découvrir les immanquables propres à notre culture, à savoir les films francophones, les vedettes françaises d’origine marocaine, les bandes dessinées, les bâtiments européens, … mais c’est aussi en partageant le quotidien de ces jeunes, que les étudiants ont pu découvrir et vivre une culture différente avec ses richesses.

« Je ressors de ce stage grandie : je me suis intégrée à un peuple, à une culture, que je ne connaissais que très peu et souvent au travers de stéréotypes qui, même si nous les réfutons, sont bien présents dans les esprits de tout un chacun. »

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« Tous les jours, on mangeait d'aussi belles et bonnes assiettes ! »

Interview de Madame De Greef, responsable du projet et accompagnatrice

-        Mme De Greef, vous avez accompagné les étudiants au cours de ce stage. Qu’en retirez-vous du côté humain ?

« Essentiellement que j’avais bien raison, avant le départ, d’avoir foi en la jeunesse. Les jeunes, en tout cas ceux dont il est question, n’ont pas peur de s’engager pour des causes utiles. De plus, ils savaient dès le début que je leur faisais confiance et ils me l’ont vraiment bien rendu… »

-        Ce stage de formation a permis aux étudiants de se confronter à une méthodologie différente et à des conditions organisationnelles différentes de nos habitudes. Selon vous, quelles nouvelles compétences ont développées les étudiants ?

« Ils connaissent le sens de l’effort, la valeur d’un travail bien fait. Ils ont appris à enseigner sans maitre de stage, sans filet et dans des conditions de travail désorganisées (de notre point de vue d’Occidentaux). Et dorénavant, ils savent que le métier d’enseignant est le plus beau métier du monde… »

-        Auriez-vous une anecdote à nous faire découvrir ?

« Le mercredi de notre 2e  semaine, ce n’est que vers 19h que nous avons appris si le Nouvel-An musulman tombait le lendemain ou le surlendemain et que nous avions congé… En effet, le calendrier musulman n’est pas fondé sur le calcul astronomique mais sur l'observation mensuelle de la nouvelle lune à l'œil nu. »

-        Pensez-vous rééditer cette expérience ?

« Le projet est amené à évoluer et les cours seront probablement donnés dans des écoles secondaires à des « rhétoriciens » … A l’heure actuelle, rien n’est encore formellement envisagé et laissons le temps aux étudiants de 2e année de prendre toute la mesure de ce projet. »

Enfin …

Difficile de retracer en quelques lignes une telle expérience, il faut la vivre, vous diront-ils … mais soyons certains que ce stage a enrichi ces jeunes étudiants et qu’ils ne manqueront pas de transmettre toutes ces compétences à leurs futurs élèves.

Souhaitons-leur bonne chance pour la fin de leurs études mais aussi « Bon vent ! » pour leur prochaine entrée dans le monde du travail.

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