La Haute École Social Actualités De petits pas avec Élise, de grands pas dans un parcours de formation

De petits pas avec Élise, de grands pas dans un parcours de formation

Nos assistants sociaux (AS) en 2e bachelier n’attendent pas leur certification pour s’engager dans des initiatives citoyennes. Dans le cadre du cours de Relations de face à face et sous l’impulsion de leur professeur Patrice Marchal –lui-même assistant social expérimenté, sociologue et coach en développement personnel –, ils se rassemblent autour de l’asbl « Pas à pas avec Élise » et lui consacrent un projet.

Inscrits dans le champ social, nos étudiants s’acculturent et c’est certain. « Promouvoir la justice sociale, le changement social, la citoyenneté, la résolution des problèmes dans un contexte de relations humaines, l’information, la défense et la promotion des droits, l’émancipation des personnes et des collectivités, les capacités et les ressources propres des personnes et des collectivités afin d’améliorer leur bien-être » (Référentiel de compétences du Bachelier Assistant social, 2010), ils sont en plein dans le mille.

Le cheminement d’Élise

Élise, bientôt 6 ans, souffre d’une maladie métabolique : la phénylcétonurie. Celle-ci n’ayant pas été diagnostiquée à la naissance, la petite fille n’a pas reçu le régime alimentaire strict qui consiste à retirer toutes les protéines de l’alimentation au profit d’aliments synthétisés accessibles en pharmacie. Les aliments riches en protéines ont alors intoxiqué une grande partie de son cerveau et entraîné une série de conséquences : Élise faisait jusqu’à 50 crises d’épilepsie par jour, et après plus de 9 mois, refusait de s’alimenter.

Aujourd’hui, Élise refuse toujours de se nourrir par la bouche et présente un retard psychomoteur important : elle ne parle pas, n’est pas propre, n’est pas autonome dans les tâches du quotidien, et présente de nombreux troubles du comportement. Elle est actuellement scolarisée dans l’enseignement spécialisé.

Du chemin, elle en a fait. Elle va à la piscine tous les 15 jours et elle travaille avec son kiné, sa psychomotricienne, sa logopède et, à raison de 6 heures par semaine, avec une psychologue ABA.

Une asbl pour surmonter la barrière financière

Comme l’explique l’asbl, la méthode ABA utilisée par la psychologue vise « l'enseignement de compétences socialement significatives, donnant à l'enfant plus de possibilités d'action, de communication et d'interactions positives et gratifiantes pour lui au sein de son environnement. Chaque programme est hautement individualisé et repose sur la récolte et l’analyse minutieuse de données sur les réponses de l’enfant aux procédures mises en place. Ceci permet une adaptation rapide au profil de l’enfant et la sélection des principes, non pas d’après une méthode prédéterminée, mais de leur efficacité observée pour un enfant et ses proches. D’une manière générale, ces principes se réclament d’une approche positive de l’enseignement : renforcement, guidances, apprentissage sans erreur et décomposition des tâches en étapes successives garantissant le succès et préservant la motivation. »

Cette méthode ABA, non reconnue en Belgique, n’est pas prise en charge financièrement et présente un coût relativement important : environ 1 300 € par mois pour 6 heures de prise en charge par semaine. Les parents d’Élise, souhaitant lui donner toutes ses chances pour qu’elle soit le plus autonome possible à l’âge adulte, ont alors créé l’asbl Pas à pas avec Élise.

Travailler sur le réel et concrétiser l’apprentissage

Dans le cadre du cours de Relations de face à face, nos futurs AS construisent leur projet de soutien à l’asbl sous le regard bienveillant de Patrice Marchal qui les suit à pas de loup et qui a cadré le travail en trois temps.

Temps 1 : pour préparer les étudiants à la rencontre de la maman d’Élise accompagnée d’une assistante sociale, le groupe-classe s’est divisé en trois groupes. L’un avait pour mission de préparer l'auditoire pour la rencontre, le deuxième de s'occuper des boissons et de l'alimentation, le troisième de préparer un dossier de presse et différentes questions à soumettre aux deux intervenantes. Cette rencontre a déjà été réalisée par les étudiants qui se sont mobilisés à différents degrés. Patrice Marchal en garde un souvenir positif, car c’était « beau à voir ». Tout y était : l’organisation, la motivation, l’implication, le café, l'eau, le jus, mais aussi des « gâteaux délicieux » confectionnés par les étudiants eux-mêmes.

Temps 2 : la rencontre, les échanges qui ont permis de faire des liens avec différents cours du programme AS comme le cours de Relation face à face (travail de l’entretien et du questionnement), mais aussi les cours de Sociologie de la famille (analyse des liens entre éléments de la rencontre et le système familial) et d'Analyse organisationnelle (constitution d'une ASBL).

Temps 3 : pour financer l’asbl, la mise en place de projets en interne, mais aussi en externe (vers les autres sections).

Concrètement, ce projet les place dans un contexte réel qui leur offrent des occasions formatives formidables pour apprendre à développer des relations et des communications professionnelles avec les personnes, développer une intervention professionnelle tout en collaborant entre pairs et avec l’asbl, d’analyser et questionner des contextes sociétaux (philosophiques, juridiques, sociologiques, politiques, économiques, culturels, psychologiques, institutionnels, environnementaux…) pour en comprendre les enjeux, mais aussi orienter leur pratique professionnelle en tenant compte de ces enjeux.

« En groupe, c’est plus facilement réalisable »

À ce stade, les étudiants en sont aux jets d’idées sur la table : vente de gâteaux, soirée… Ils ne font pas les cent pas, mais planchent sur des actions novatrices qui leur permettraient de récolter des fonds à reverser à l’asbl.

En l’absence temporaire de projet tout beau, tout prêt, tout fini… c’est un groupe-classe conscientisé, concerné, « super motivé » et mobilisé qui s’est rassemblé… Un objectif commun unit les étudiants : s’entendre pour être efficace dans leur action sociale.

Une étudiante explique que « travailler du concret, du réel… ça, c’est super chouette. C’est super intéressant qu’une classe se mobilise. Au-delà de désaccords qui ont pu apparaître dans des contextes autres que ceux des projets, nous avons conscience qu’en groupe, c’est plus facilement réalisable ».

Vous en conviendrez : en faisant des relations humaines et de la dynamique de groupe des outils au service de leur projet de développement, nos AS font leurs premiers pas en tant qu’acteurs sociaux.

Amanda Castiaux

Prochains évènements

Nous contacter

2, Chemin de Weyler
B-6700 Arlon
Téléphone : +32 (0)61 23 01 27
Fax : +32 (0)61 23 01 29
Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.