Volley-ball assis, cécifoot, basket en chaise sans oublier les différents ateliers mis en place pour insister sur l’importance des différents sens chez l’enfant, le programme de l’opération « Bouge ton sport en inclusion – Handisport School Trophy » était à nouveau éclectique. « Cette journée d’intégration vise un double objectif : sensibiliser aux déficiences physiques et intellectuelles, tout en favorisant l’inclusion des enfants en situation de handicap dans les activités sportives », rappelle Bruno Meunier du Service des sports de la Province de Luxembourg.
Avec le soutien des étudiants de dernière année des sections Kinésithérapie et Education physique et éducation à la santé de la HERS, plus de 400 élèves issus de l’enseignement ordinaire et spécialisé se sont retrouvés, l’espace d’une journée, à la Halle aux foires de Libramont. Dans une volonté d’ouverture et d’échanges, les organisateurs ont accueilli une centaine d’élèves français originaires du département de la Meuse. Une première depuis 2021.
Cette initiative fait suite au partenariat signé entre l’institution provinciale et les autorités françaises visant à développer le handisport et l’inclusion sportive. En marge de cette journée d’animations, un colloque sur la thématique « L’inclusion par le sport, un terrain sans frontières… » a regroupé des membres de clubs sportifs, fédérations et de communes.
Responsable de la formation des cadres à la Ligue handisport francophone (LHF), Sébastien Xhrouet ), a insisté sur l’importance de l’accessibilité des infrastructures et des entraîneurs tout en rappelant que « l’inclusion créé également du lien social ». « Actuellement, 38% des personnes souffrant d’un handicap pratiquent une activité sportive. A la Ligue, nous travaillons avec 28 fédérations, notre but est de collaborer avec toutes les fédération d’ici une vingtaine d’années. »
Si des avancées sont observées, le travail de sensibilisation reste toutefois important. La LHF reconnaît d’ailleurs que l’inclusion pour tous demeure une utopie : possible pour une grande majorité, mais pas pour l’ensemble des publics.
Un constat partagé par Flavien Bouttet, sociologue à l’Université de Lorraine, qui pointe les carences persistantes en matière d’accès à la pratique sportive. « Que ce soit au niveau des installations ou de la formation des entraîneurs, l’inclusion reste un sujet tabou. Tout le monde y adhère sur le principe, mais ce n’est pas une priorité. Les entraîneurs se retrouvent souvent démunis face à l’accueil d’un jeune en situation de handicap. »
Malgré un contexte parfois délicat, des aides institutionnelles (Province, Adeps, FHL, subsides européens) soutiennent les porteurs de projets. Au cours des dix dernières années, une quinzaine de structures ont ainsi été créées et reconnues dans la province par la LHF, sans compter les stages inclusion organisés par les clubs et centres sportifs.
Si ce colloque a permis de dresser un état des lieux de l’inclusion dans le monde sportif, tant en Luxembourg belge que dans la Meuse, il a surtout servi de base à de futures collaborations. Un forum d’échanges et de pratiques est d’ailleurs déjà programmé le mercredi 6 mai 2026 au Rox de Rouvroy, offrant une nouvelle occasion de découvrir les multiples facettes de l’inclusion par le sport.