Cette fois, c’est officiel, l’obtention d’un titre de kinésithérapeute et réadaptation se fera désormais au terme d’un parcours complet en bachelier + master (300 ECTS), soit 5 années d’études. Cette nouvelle règlementation s’appliquera dès le mois de septembre à tous les étudiants qui entrent en Bac 1. Des mesures transitoires sont toutefois prévues pour les étudiants actuellement engagés dans la formation. Ils pourront poursuivre leur cursus sous sa forme actuelle, même en cas d’échec.
Cette année supplémentaire, dans la durée du cursus, va donc impliquer une réorganisation au sein des établissements d’enseignement supérieur qui dispensent cette formation, dont la HERS. Le cursus sera toujours organisé dans les hautes écoles et les universités avec un référentiel commun et un même intitulé de diplôme à savoir « Master en kinésithérapie et réadaptation ». Ces modifications visent notamment à répondre à de nouvelles normes européennes.
Une évolution majeure… mais surtout une évolution pédagogique, pensée pour répondre aux réalités du terrain d’aujourd’hui et de demain.
Accès direct
Le Master kiné 5 ans vise avant tout à s’aligner sur des pratiques modernes à commencer par l’accès direct, une révolution qui devrait toucher le secteur dans quelques mois. En 2027, un patient pourra consulter un kiné sans prescription médicale dans le cadre de certaines pathologies comme les lombalgies par exemple. « Pour assurer une bonne prise en charge du patient, il sera important de renforcer certaines compétences comme le triage sécuritaire, le diagnostic kinésithérapeutique et la prise de décision autonome », précise Denis Jacquemin, coordinateur de la section kiné à la HERS.
Une approche biopsychosociale, scientifique et l’importance du raisonnement clinique sans oublier l’intégration des innovations (Intelligence Artificielle, télérééducation, nouvelles technologies en kinésithérapie,…) apporteront à la formation une expertise clinique solide.
Autonomie et interdisciplinarité
Comme par le passé, les stages auront une part non négligeable dans le programme. Avec cette réforme, ils seront plus nombreux et au cœur de la formation avec l’ambition de former des professionnels opérationnels, une fois leur diplôme en poche. Tout au long du parcours, l’étudiant sera amené à interagir efficacement avec les patients, leurs proches et les différents acteurs du système de santé, dans une logique de coordination des soins. Dans cette logique, 36 heures de stages interprofessionnels seront au programme des Master 1.
Une formation scientifique et critique
Les contenus de la formation accorderont une attention particulière au développement des capacités d’analyse clinique et d’identification des situations nécessitant une orientation adaptée, dans le respect du cadre légal et des bonnes pratiques professionnelles (Evidence Based Practice).
« L’apprentissage progressif de la recherche et de l’EBP ainsi que le développement de la communication scientifique sont importants. Notre ambition est de former des kinés capables de faire évoluer leur pratique même après avoir terminé leurs études », insiste Denis Jacquemin. Participation à des colloques, sessions posters ou encore formation continue iront de pair pour permettre aux futurs kinésithérapeutes de rester en phase avec les avancées de leur discipline.
Un apprentissage tourné vers l’avenir
L’allongement de la formation permettra également de dégager 30 crédits en dernière année. Une préparation aux qualifications professionnelles particulières (QPP) offrira la possibilité à l’étudiant de développer des compétences spécifiques en lien avec son projet professionnel (kinésithérapie cardiovasculaire, thérapie manuelle, kinésithérapie du sport…). A côté de ces QPP, des notions de leadership et management, de gestion de cabinet pluridisciplinaire mais aussi de santé publique seront intégrés dans les cursus.
Une formation résolument tournée vers l’avenir t’attend