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Le tourisme urbain au service de la reconversion des villes

Les « Enjeux et défis socio-environnementaux du tourisme urbain en Wallonie » étaient au cœur du colloque organisé par les sections Management du tourisme et des loisirs de la HERS et de la HE Charlemagne. L’occasion de se pencher sur un secteur qui a pris de l’ampleur depuis la fin des années 80 début 90. « Avec la désindustrialisation, les villes ont dû trouver de nouveaux moyens financiers. Cette transformation s’est caractérisée entre autres par le développement d’équipements comme des gares, la mise en avant du patrimoine (architectural, immatériel…), l’organisation de grands événements festifs, sportifs, culturels,.. et l’aménagement d’espaces publiques comme la piétonisation de certaines rues. La finalité de ces actions est d’attirer des touristes mais aussi des investisseurs », énonce Bernard De Myttenaere, une des chevilles ouvrières de ce colloque.

En Wallonie, le tourisme urbain concerne le tourisme d’un jour ou de séjour dans les villes de Charleroi, Liège, Mons, Namur et Tournai. Ce secteur est en constante évolution au cours des dernières années mais il y a des réalités différentes entre ces centres. « Liège s’est considérablement développé entre 2019 et 2023 au contraire de Tournai pas exemple », précise Jonathan Lesceux, attaché à l’Observatoire wallon du Tourisme. Si la Cité ardente est portée par le tourisme d’affaires et de loisirs, la croissance à Namur concerne principalement le tourisme de loisirs. Cela dit, ces cinq villes ne sont pas les points d’attraction principaux du tourisme de séjour en Wallonie.

Ce « big 5 » ne représente en effet que 10% de l’ensemble des nuitées mais il affiche d’autres atouts comme l’accessibilité via les transports en commun et un marché de proximité. Les promenades, le shopping et les lieux culturels figurent parmi le tiercé de tête des raisons pour lesquelles les visiteurs déambulent dans nos grandes villes. Sur le plan européen, la Wallonie tire son épingle du jeu par rapport à d’autres métropoles du continent. Par exemple, Charleroi, Liège, Mons, Namur et Mons ont connu une progression de 20% pour la période 2019-2023 alors que Barcelone affiche 9,3%. Il y a donc un potentiel à développer.  

Mise en tourisme des villes

Cette journée a également permis de mettre en avant différents exemples d’initiatives touristiques urbaines comme celle menées dans les quartiers nord de la ville de Marseille avec le projet « Hôtel du Nord » ou encore les Zinneguides à Bruxelles. Au niveau wallon, on épinglera notamment Destination Terrils dont le but est de faire de ces lieux une véritable destination touristique en les protégeant et en les aménageant de manière responsable et Paliss’art  qui met à l’honneur l’art urbain à Liège depuis 2002.

Anne Gougnard du Département de la Culture et du Tourisme de la Ville de Liège, a participé à la mise en œuvre de cette activité. « Au départ, l’idée était de mettre de la couleur dans la ville, de panser les plaies, ce combler des trous d’architecture. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le Street art a changé et valorisé la ville, des visites guidées sont organisées sur cette thématique », dit-elle.

Outre la présence d’un nouveau public et un intérêt croissant de toutes les générations, le Street art est aussi un partage d’émotions. « Le public assite à la création de la fresque au jour le jour, il n’y a pas de travail en amont » précise encore la chargée de ce projet dont le budget annuel se chiffre  à 17.000 euros.

Ces quelques exemples d’initiatives démontrent que le tourisme urbain peut prendre différentes formes et s’étendre vers de nouveaux horizons quelque soit les moyens mis à disposition (financiers ou humains) et le public cible.

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