Collaborer durant une année avec des structures locales engagées dans l’accès aux soins au Népal, au Laos, en Thaïlande et en Indonésie : tel est le défi que s’apprête à relever Jonas, fraîchement diplômé en kinésithérapie à la HERS. « Depuis mon plus jeune âge, je suis sensibilisé à l’interculturalité et aux inégalités. Pendant mes études, j’ai découvert le monde du soin et du handicap. J’ai rapidement compris que ma formation pouvait être mise au service des autres », explique le jeune Chestrolais.
Après de longs mois de réflexion et de nombreux échanges, son projet prend forme autour d’un fil conducteur : favoriser l’accès aux soins de rééducation dans des régions où les besoins sont importants. « Il était essentiel d’identifier des structures œuvrant à dispenser des soins gratuitement à ceux qui n’y ont pas accès, dans des régions où la rééducation est peu développée. Grâce aux contacts noués avec plusieurs organisations non gouvernementales, quatre pays ont été retenus. Le fil conducteur de ce projet est simple : rendre les soins accessibles au plus grand nombre. »
Pour Jonas, la rééducation dépasse largement le simple confort des patients. « Il ne s’agit pas toujours d’une question de vie ou de mort, mais de qualité de vie et de dignité. Après un AVC, par exemple, certaines personnes peuvent réapprendre à marcher ou à s’alimenter grâce à la rééducation. Sans cet accompagnement, elles pourraient rester durablement dépendantes d’un fauteuil roulant. »
Dans certaines régions d’Asie, l’accès aux soins de rééducation demeure limité, alors que les besoins peuvent être considérables, notamment en traumatologie, en orthopédie, en neurologie, dans la prise en charge des pathologies respiratoires ou du handicap. Les structures locales doivent composer avec des ressources limitées, un déficit de personnel spécialisé et des difficultés d’accès.
« À mon niveau, je participerai aux activités de rééducation, tout en analysant les besoins en kinésithérapie. Plusieurs organismes souhaitent également que je partage mes connaissances afin de renforcer les compétences des équipes locales. La sensibilisation des professionnels de santé et des populations reste un enjeu essentiel. »
Une démarche que Jonas souhaite mener avec humilité. « L’objectif est avant tout de soutenir les acteurs locaux et construire une collaboration durable. Il est indispensable d’éviter toute forme de dépendance : ce n’est ni souhaitable ni viable à long terme. »
Vers une coopération durable
Au cours des douze prochains mois, Jonas découvrira plusieurs structures de soins. Au Népal, il intégrera le Spinal Injury Rehabilitation Center (SIRC), spécialisé dans la rééducation des personnes présentant des lésions médullaires et des handicaps neurologiques, ainsi que le Sheer Memorial Adventist Hospital, un hôpital à vocation sociale qui développe des actions de santé communautaire, de prévention et d’accompagnement.
Au Laos, il rejoindra le Lao Friends Hospital for Children, un hôpital pédiatrique développé afin de rendre les soins spécialisés accessibles aux enfants. En Thaïlande, dans la région de Chiang Rai, il collaborera avec le Camillian Social Center, qui accompagne des enfants issus des minorités ethniques ainsi que des jeunes présentant un handicap physique ou cognitif.
Enfin, en Indonésie, son parcours le conduira au YAKKUM Rehabilitation Center, spécialisé dans la rééducation qui défend les droits des personnes en situation de handicap et offre un accompagnement inclusif auprès d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes présentant des handicaps physiques ou neurologiques.
Au-delà de cette expérience de terrain, Jonas souhaite également poser les bases d’une coopération durable entre la HERS et plusieurs structures de santé partenaires. Cette première année aura une dimension exploratoire, avec une analyse approfondie des besoins des différents centres.
À terme, ces contacts pourraient déboucher sur des collaborations dans les domaines de la recherche, de la collecte de matériel, de la recherche de financements ou encore du développement de projets communs. L’ambition est également d’ouvrir la voie à des stages internationaux pour les étudiants de la HERS.
« Les ONG et les populations locales bénéficieraient du soutien d’étudiants dans le cadre de stages humanitaires, tandis que ceux-ci découvriraient une autre manière d’exercer leur métier et seraient sensibilisés à sa dimension solidaire. »
Une telle collaboration contribuerait à renforcer l’ouverture internationale de la HERS tout en affirmant son engagement en faveur d’une coopération durable et de l’accès aux soins pour tous.
Le départ pour l’Asie est fixé au 10 août. Au cours des prochains mois, Jonas parcourra plus de 30 000 kilomètres. « À l’exception des vols aller-retour entre Bruxelles et l’Asie, l’objectif est de prendre l’avion le moins possible. Malheureusement, en raison de la guerre civile au Myanmar (ancienne Birmanie), je n’aurai pas d’autre choix que de prendre un vol entre Katmandou et Bangkok. » Bien plus qu’un voyage, cette année sera placée sous le signe de la solidarité, du partage de compétences et de la coopération.
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Ce projet est en partie financé par le Fonds d’aide à la mobilité dans l’enseignement supérieur.